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Connaissez-vous la clause sociale ? Illustration à Roubaix

Rachid et Mahdi viennent tout juste de commencer leur contrat. Ils n’auraient pu accéder à ces emplois via l’intérim, car pas suffisamment formés. PHOTO HUBERT VAN MAELE / La Voix du Nord

Rachid et Mahdi viennent tout juste de commencer leur contrat. Ils n’auraient pu accéder à ces emplois via l’intérim, car pas suffisamment formés. PHOTO HUBERT VAN MAELE / La Voix du Nord

A Roubaix, Mahdi et Rachid se forment sur le chantier du collège Samain grâce à la clause sociale d’insertion, dispositif de réinsertion professionnelle des plus efficaces ! Deux Roubaisiens ont été choisis par la société Ramery Bâtiment pour se former et travailler sur le chantier du collège Samain. Pendant huit mois, ils vont bénéficier d’un contrat proposé dans le cadre d’une clause sociale imposée par le département, qui construit l’établissement.

Autant le dire tout de suite : Rachid, 25 ans, n’aime pas trop le terme d’« insertion ». «  C’est négatif. Je ne suis pas sorti de prison !  » Sauf que c’est bien dans le cadre d’heures d’insertion qu’il va travailler pendant huit mois sur le chantier de reconstruction du collège Samain, des heures imposées aux entreprises par le département dans le marché public.

Cela s’appelle une clause sociale, et c’est depuis 2013 que l’institution a choisi de la généraliser à l’ensemble de ses marchés «  à condition que ceux-ci génèrent une offre d’insertion probante  », souligne Marie Leynaud, coordinatrice de la mission clause sociale. Le département applique «  un taux d’effort d’insertion de 5 % sur la part de main-d’œuvre  ».

« C’est sûr, c’est une très belle opportunité »

5 %, pour le chantier du collège Samain, cela représente 8 874 heures, réparties sur les sept lots du marché. Madhi et Rachid, Roubaisiens des Trois-Ponts, vont en réaliser plus de la moitié, avec la société Ramery Bâtiment. Pour chacun, c’est un contrat de huit mois, inespéré. «  C’est sûr, c’est une très belle opportunité  », estime Mahdi, 24 ans, titulaire d’un bac pro gros œuvre, dans la «  galère  » de l’intérim depuis 2012, et en recherche d’emploi depuis quatre mois.

Rachid, tout aussi pudique, expose du bout des lèvres son parcours : diplôme de coffreur brancheur boiseur en poche, il a enchaîné depuis 2010 contrats d’intérim et de professionnalisation. «  On s’accroche  », lâche-t-il. Tous deux rêvent de voir un CDI au bout. Sans oser y croire.

« Pour Ramery, cela demande plus de temps, d’autant que le chantier est étendu et qu’il faut faire très attention à la sécurité »

Surtout, Mahdi et Rachid vont pouvoir se former sur ce chantier. «  Je suis en contrat pro, je vais passer un quart de mon temps en formation de coffrage traditionnel  », détaille Mahdi. Rachid, lui, en CDD, est assuré d’enrichir ses compétences en apprenant le coffrage complexe et en passant les permis engins de chantier et nacelle. «  Se former en même temps, c’est un plus  », confirme-t-il.

Sur le chantier, deux tuteurs les encadreront. Ils devront s’intégrer au reste du personnel. «  Pour nous, cela demande plus de temps, d’autant que le chantier est étendu et qu’il faut faire très attention à la sécurité  », souligne André Chomez, maître compagnon et chef du chantier.

Mais l’homme est confiant. «  Ils ont envie de se bouger et de travailler !  » dit-il. C’est lui qui les a choisis, parmi quatre personnes. Dix, au total, avaient été repérées par le facilitateur de la Maison de l’emploi du Roubaisis, avec l’aide, notamment, de la Mission locale, qui a diffusé l’info dans les quartiers. Mahdi et Rachid ont réussi à passer la première étape, décisive. Bilan dans huit mois.

Près de 150 personnes concernées à Roubaix

La Maison de l’emploi du Roubaisis est l’acteur central des clauses d’insertion au niveau local. Philippe Gernez, avec Céline Delbecque, est ce qu’on appelle un « facilitateur » : il accompagne les donneurs d’ordre dans la définition de l’effort d’insertion en fonction du marché à réaliser. Son rôle est ainsi de soutenir les entreprises attributaires du marché dans leur engagement (explication du dispositif, identification des compétences, proposition de candidats, etc.).

À Roubaix, ce sont près de 30 000 heures qui ont été réalisées en 2015 dans le cadre des clauses d’insertion. Dans le Roubaisis, 144 habitants ont ainsi retrouvé le chemin de l’emploi, dont 143 Roubaisiens. Parmi eux, plus de 60 % résidaient en quartiers prioritaires. On ne parle ici que du bâtiment : la clause d’insertion est inscrite dans des marchés publics de différents secteurs, des espaces verts à la restauration scolaire, de la collecte des ordures ménagères à la blanchisserie. Elle concerne sur le territoire une cinquantaine de maîtres d’ouvrage (ville, Métropole européenne de Lille, département, bailleur, etc.).

Comme la clause sociale dans les marchés publics vise l’accès à l’emploi des personnes qui en sont éloignées, elle est ouverte à des publics ciblés : demandeurs d’emploi de longue durée, allocataires du RSA ou des minima sociaux, jeunes sans expérience et/ou sans qualification en recherche avérée d’emploi, etc.

Source : La voix du Nord

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Publié dans Actualités, Actualités Territoriales

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